Publié le 15/04/2026

Depuis les élections municipales de mars, une séquence décisive est en cours dans les intercommunalités françaises : les 1 252 communautés de communes, d’agglomération et métropoles doivent désigner leur équipe dirigeante avant le 24 avril. 

Le paysage politique de ces assemblées inter-communales et métropolitaines reflète les résultats des 15 et 22 mars : 29% des maires des communes les plus peuplées sont élus sur une liste de droite ou de centre droit, 17% de gauche, 12% du centre. 

Aix-Marseille-Provence, la plus grande métropole de France par sa superficie (92 communes, 1,8 million d’habitants, 5 Mds d’euros de budget) connaît ainsi une alternance avec l’élection le 7 avril de Nicolas ISNARD (LR), Maire de Salon-de-Provence, à sa présidence. Seul candidat, il a bénéficié du soutien du Maire socialiste de Marseille Benoît PAYAN et de la Maire UDI d’Aix-en- Provence Sophie JOISSAINS. Parmi les conditions de cet accord figure le transfert à la ville de Marseille de la compétence en matière de transports, selon des modalités qui doivent être précisées. 

À la Métropole du Grand Paris (MGP), c’est en revanche la continuité qui prévaut. Patrick OLLIER, maire LR de Rueil-Malmaison et président de l’institution depuis sa création en 2016, a été réélu le 13 avril avec 183 voix sur 203 votants, grâce au soutien de la droite majoritaire dans l’assemblée, mais aussi des groupes socialiste, écologiste et communiste au nom d’une « gouvernance partagée ». Le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel GRÉGOIRE, a salué l’utilité de l’institution tout en appelant à réfléchir à l’évolution de ses compétences, notamment dans le domaines des mobilités. Sa première adjointe, Lamia EL AARAJE, a été élue première Vice-Présidente de la MGP. 

À Strasbourg, la socialiste Catherine TRAUTMANN, élue Maire en mars, a également pris la tête de l’Eurométropole le 10 avril, obtenant 80 voix sur 107 conseillers. Sa gouvernance repose sur un accord transpartisan inédit avec deux élus LR, Thibaud PHILIPPS (Maire d’Illkirch-Graffenstaden) et Catherine GRAEF-ECKERT (Maire de Lingolsheim), nommés Vice- Présidents, dans une collectivité qui gère un budget de 1,33 milliard d’euros et dont les compétences intègrent les transports

D’autres scrutins métropolitains à fort enjeu sont encore attendus d’ici au 24 avril. À Bordeaux Métropole, le basculement politique est probable : Thomas CAZENAVE, nouveau Maire Renaissance de Bordeaux, devrait prendre la tête d’une institution qui a été présidée par des élus de gauche depuis 2020.